{"id":683,"date":"2010-12-23T12:30:42","date_gmt":"2010-12-23T12:30:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gutron.fr\/nicolas\/?p=683"},"modified":"2020-02-29T22:40:27","modified_gmt":"2020-02-29T21:40:27","slug":"le-combat-sans-fin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.gutron.fr\/nicolas\/le-combat-sans-fin\/","title":{"rendered":"Le combat sans fin"},"content":{"rendered":"<p><em>Il fallait que je parte d\u2019ici. Au plus vite. Sinon j\u2019allai mourir. Je tiendrai quelques minutes dans ce lieu sombre et oppressant, mais pas beaucoup plus. Que me veut cet homme, habill\u00e9 comme quelques autres, qui s\u2019approche de moi, portant ses outils de torture sur un plateau ? Autour de moi des murs sombres, des gens tr\u00e8s occup\u00e9s, ne faisant pas attention \u00e0 mon malheur. Que dois-je faire ? L\u2019ignorer ou l\u2019agresser la premi\u00e8re ? Mais h\u00e9las, assise sur ma chaise, je ne peux plus en bouger. Des liens m\u2019y attachent solidement. Et voil\u00e0 que cet homme s\u2019arr\u00eate \u00e0 ma hauteur et \u00e9tale son savoir-faire sur la table. Il a l\u00e0 de quoi m\u2019\u00e9touffer, m\u2019asphyxier, m\u2019empoisonner ; bref il aura le plaisir de choisir ma mort. Il commence \u00e0 me dire quelques mots que je distingue \u00e0 peine. Trop d\u2019\u00e9cho. Mes tympans bourdonnent. Je peux peut-\u00eatre d\u00e9faire mes liens. Sinon c\u2019est la fin. Une fin qui aime se jouer de moi, h\u00e9sitante, discr\u00e8te et toujours impr\u00e9visible. Je commence \u00e0 avoir du mal \u00e0 respirer. Dans un dernier \u00e9lan de volont\u00e9, comme un instinct de survie, mes liens c\u00e8dent, et je trouve la force et le courage de me lever, tremblante et haletante. Je bouscule l\u2019homme, qui prend un air surprit \u2013 il ne s\u2019attendait pas \u00e0 ce que je parvienne \u00e0 me lib\u00e9rer si facilement &#8211; et je m\u2019\u00e9lance vers la sortie. <\/em><\/p>\n<p><em>\u00c7a y est, je r\u00e9ussi enfin \u00e0 sortir de ce restaurant.<\/em><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Au terme d\u2019une nuit agit\u00e9e, elle se r\u00e9veilla la peur au ventre. Se tournant et se retournant sous la couette, une envie pressante finit par la tirer hors du lit. Elle enfila rapidement sa chemise de nuit, et ses pieds, foulant la douce moquette molletonn\u00e9e de la chambre, heurt\u00e8rent rapidement le carrelage sans vie des toilettes. Au contact du sol glac\u00e9, son cauchemar lui revint \u00e0 l\u2019esprit. Un frisson d\u2019angoisse lui parcourra le corps. Personne d\u2019autre qu\u2019elle dans l\u2019appartement. Pourtant, elle avait la d\u00e9sagr\u00e9able impression d\u2019\u00eatre observ\u00e9e. Elle alla \u00e0 la cuisine pour aller se pr\u00e9parer son caf\u00e9. Personne. Et pourtant, elle \u00e9tait l\u00e0, quelque part. Elle le savait. Elle l\u2019attendait. T\u00f4t ou tard, elle allait devoir l\u2019affronter. Mais pas aujourd\u2019hui. De retour dans la chambre, alors qu\u2019elle avait choisie ses v\u00eatements dans la penderie, elle resta fig\u00e9e l\u00e0, incapable d\u2019aller dans la salle de bain. Elle avait froid. Si seulement toutes les pens\u00e9es en \u00e9bullition dans sa t\u00eate pouvaient r\u00e9chauffer son corps. Mais non, elle \u00e9tait juste t\u00e9tanis\u00e9e et gel\u00e9e. Elle ne sentait plus ses doigts. Finalement, l\u2019instant passa, elle avait r\u00e9ussie \u00e0 vaincre pendant un temps son flot de r\u00e9flexions, et put prendre sa douche, source d\u2019une chaleur salvatrice et d\u2019un bien-\u00eatre passager.<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>D\u00e9cembre 2010.<\/p>\n<p><em>Pour lire la suite de cette courte nouvelle, contactez-moi&nbsp;: <a href=\"mailto:nicolas@gutron.fr\">nicolas@gutron.fr<\/a><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il fallait que je parte d\u2019ici. Au plus vite. Sinon j\u2019allai mourir. Je tiendrai quelques minutes dans ce lieu sombre et oppressant, mais pas beaucoup plus. Que me veut cet homme, habill\u00e9 comme quelques autres, qui s\u2019approche de moi, portant ses outils de torture sur un plateau ? 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